Message je : exemple de mise en pratique

J'ai un problème d'autorité avec mon enfant, la chambre de mon ado de 14 ans est dans un état lamentable...


Situation : La chambre de mon enfant de 14 ans est dans un désordre innommable. Cela fait des mois que je lui dis qu'il faut qu'il range, que c'est mauvais pour lui, tout ce souk... Rien ne change.

Réactions courantes : Face à cette situation, chaque parent a sa manière de réagir et vous ?

Vous le questionnez peut-être : il y a quelque chose qui ne va pas ? Comment arrives-tu à retrouver tes affaires ?

Vous le sermonnez : comment veux-tu réussir au lycée si tu ne peux pas retrouver tes affaires ? Ne compte pas sur moi pour venir chercher tes affaires sales dans ta chambre!

Vous le menacez : si tu ne ranges pas ta chambre, pas question que Romain dîne à la maison ce soir !

Autant de stratégies qui se sont révélées infructueuses !                  

La réponse de Thomas Gordon

1. Revenir à soi

Faire le point sur ce qu'il se passe pour vous. Sans doute êtes-vous choqué de l'état de sa chambre, voire inquiet. Vous vous dîtes peut-être qu'il va mal, que ce désordre cache autre chose, que dans sa tête c'est aussi confus que sa chambre...

En revenant aux faits : demandez-vous quels sont les faits, précis, observables, indiscutables , sans interprétation ni jugement. Evitez les : ta chambre est encore dans un foutoir inacceptable. Préférez : tu as deux paires de pantalons, des T shirts et beaucoup de tes affaires de classe par terre dans ta chambre.

Posez-vous la "vraie" question, en étant honnête avec vous : qu'est-ce que je ressens face à cette situation ? (pas je ressens qu'il va mal : là vous êtes centré sur l'autre). Préférez des ressentis à la première personne : par exemple : je me sens inquiet et mal à l'aise quand je rentre dans sa chambre.

2. Se mettre à sa place

Demandez-vous : Quel est son besoin à lui ? Pourquoi cela ne le dérange pas d'avoir ce désordre ? Comment je me comportais sur ce sujet à son âge ? A quel besoin répond ce comportement de sa part ?

3. S'exprimer avec un Message je d'affirmation

« Quand je vois tes deux pantalons, tes T shirts et tes classeurs d'école par terre, je suis inquiet et je me sens mal à l'aise dans cet environnement. » Le message je ici comprend la description des FAITS et votre ressenti. Vous ne donnez pas d'ordre à votre enfant, ni ne le sermonnez. Votre attitude montre que vous assumez ce que vous ressentez et que vous le laissez libre de réagir comme il l'entend. C'est une façon de l'accepter et de l'encourager à coopérer.

4. Ecouter activement sa réaction

Développer votre Ecoute active dans l'échange que vous aurez avec lui. Il répondra peut-être "Maman, tu me prends la tête, si cela te gêne tu n'as qu'à pas entrer dans ma chambre."

Reformulez ce qu'il ressent et les mots qu'il vous dit.

Cela pourrait donner " En fait cela t'embête quand je te dis cela ".

L'enfant : " Ben oui, faut pas que tu t'inquiètes, c'est pas la peine, j'ai vu bien pire que ma chambre, et puis moi je m'y sens bien."

Le parent : " Ok donc toi tu te sens bien dans ta chambre et tu penses que je ne devrais pas m'inquiéter de son état."

L'enfant : " Ben ouais..."

Et là on peut continuer l'échange en se réaffirmant puis en réécoutant etc.

5. Décodage

Nous sommes ici dans le cadre d'une collision de valeur. Dans la situation exposée, le comportement de l'enfant n'a pas d'effet tangible et concret pour le parent. (Il y aurait si l'enfant laissait du désordre dans le séjour, lieu de vie commun.) Les deux n'ont pas la même notion de l'ordre. Et finalement votre ado est en droit de vous dire que c'est SA chambre. Et de penser "mais qu'est-ce que cela peut te faire si c'est dans MA chambre..."

Gordon face aux collisions de valeur propose une résolution en deux temps :

1. S'affirmer et écouter l'autre pour bien comprendre le contenu du problème et bien mettre au clair les deux points de vue.

2. Choisir un processus de résolution de collisions de valeur : la Méthode Gordon classe alors différentes approches possibles pour résoudre les collisions de valeur en fonction du risque qu'elles comportent pour la relation. Ces solutions vont de : contraindre l'enfant (très risqué pour la relation), à changer ma valeur (peu risqué pour la relation si c'est un vrai changement de valeur, pas une négation de la nôtre.) Aux parents de choisir la plus adaptée.